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Chronologie - De 1001 à 1100
  1004

Haï Ben Sherira est nommé Gaon de Pumpédita. C’est le dernier Gaon prestigieux, auteur de plusieurs ouvrages de Halakha.


  1005 à 1007

Hananiel Ben Koushiel devient dirigeant de la Yeshiva de Kairouan aux côtés de Nissm Ben Jacob. Hananiel rédigera le premier commentaire du Talmud connu sous le nom de « Rabénou Hananiel ». Hananiel meurt en 1057.


  1006

Haï Ben Sherira, Gaon de Pumpédita, écrit une lettre au rabbin espagnol Hanokh Ben Moshé dans laquelle il tente de lui imposer, sans succès, son autorité.


  1009
1009

Expulsion des Juifs de Limoges. Les Juifs sont également accusés d’avoir participé à la destruction du Saint- Sépulcre, détruit par les Musulmans.


  1010 à 1025

Le Gaon Yoshiyahou est chef de la Yeshiva d’Eretz Israël.


  1012
1012

Le Sultan Fatimide Al Hakim commence à persécuter les Juifs et les Chrétiens. La synagogue du Caire est détruite. Elle sera reconstruite avec une pièce prévue pour les archives, qui deviendra la célèbre Gheniza du Caire.


  1013 à 1103

Vie de Isaac Al Fassi (le rif). Né à Fez au Maroc, il s’installe en Espagne ou il contribuera à créer une tradition talmudique espagnole. En 1073, Alfassi compose son œuvre majeure, Sefer Hahalakhot, le livre des « lois », dans lequel il reprend le Talmud de Jérusalem dont il élague les éléments midrashiques (homélies, paraboles) pour n’en garder que les contenus juridiques, qu’il agrémente de notes et d’éclaircissement afin d’en rendre la lecture plus limpide. Cette œuvre sera l’un des piliers de la halakha.


  Avant 1015
1015

A Kairouan, Abraham ben Nathan, médecin de l’émir Zirid Badis, puis de son fils, reçoit le titre de Naguid de la part des Yeshivot de babylonie en remerciement de ses dons aux Yeshovot de Soura et de Pumpédita.


  Vers 1015 à 1025

A cette époque de persécution en Eretz Israël, la Yéshiva d’Eretz Israël, à Jérusalem, se déplace à Ramleh.


  1018
1018

Le quartier juif de Kiev est pillé par le duc de Pologne Boleslav 1er. Boleslav 1er dit le Brave, deviendra roi de Pologne en 1025.


  1021 à 1069
1021

Vie en Espagne de Salomon Ibn Gavirol, grand poète et philosophe de son temps. Très jeune orphelin, il s’installe à Saragosse où son génie poétique lui vaut la protection du mécène Yekutiel ben Isaac ibn Hassan, ministre juif du roi de Saragosse, Ahmad ben Soulayman al-Mouqtadir. Après la mort de Yekoutiel, assassiné, il vit dans différents endroits à travers l’Espagne. A Malaga, il obtient la protection du Naguid (Samuel Ibn Nagdela) avec lequel il ne conservera pas de bons rapports. Il meurt à Valence. Son œuvre philosophique majeure est Makor Haim (la source de vie), ouvrage de philosophie néoplatonicienne qui marquera profondément le monde chrétien (davantage que le monde juif) où son auteur sera connu sous le nom d’Avicébron. Thomas d’Aquin en sera un des lecteurs influencés. Poète lyrique, ses poèmes sont principalement d’inspiration religieuse : « A toi, Dieu, la grandeur, la puissance, La splendeur, l'éternité et la gloire. Tu m'as créé, non en vue d'une nécessité, Mais en don généreux, Non contraint, mais avec volonté et amour Avant même que je ne sois, Tu m'as accueilli par ta grâce, Tu as insufflé en moi l'esprit Et tu m'as fait vivre. Tu ne m'as pas abandonné Après m'avoir fait sortir A l'air de ce monde. Mais tu m'as élevé Comme un père miséricordieux. »


  1024 à 1029

Révoltes de tribus bédouines en Eretz Israël ; elles causeront de nombreux dommages aux communautés de Jérusalem et de Ramleh.


  1025 à 1051

Salomon Ben Yehouda, chef de la Yeshiva d’Eretz Israël. La période sous sa direction laissera de nombreux documents à la Gheniza.


  1031
1031

Le Califat Omeyyade en Espagne se défait en petites principautés. De nombreux Juifs accèdent à des postes importants à la cour des souverains.


  Avant 1033

Tremblement de terre en Eretz Israël.


  1038
1038

Mort de Haï Gaon, le dernier des grands Guéonim, qui clôt l’époque des Guéonim.


  1038
1038

Samuel Ibn Nagdela est nommé Naguid (chef des Juifs dans la communauté espagnole). Il restera dans la postérité comme Shmuel Hanaguid.


  1038 à 1042

Salomon Ben Yehouda et Nathan Ben Abraham se disputent la direction de la Yeshiva d’Eretz Israël. Les communautés de Jérusalem et Ramleh soutiennent chacun des protagonistes. Les communautés Caraïtes de Jérusalem et de Ramleh prennent part à la querelle.


  1038 à 1042

Les communautés de Fostat et de Kairouan prennent part à la dispute entre Salomon Ben Yehouda et Nathan Ben Abraham sur la direction de la Yeshiva d’Eretz Israël, montrant l’influence du judaïsme d’Eretz Israël sur les communautés d’Afrique du Nord.


  1040 à 1105
10401040

Vie de Rabbi Shlomo Ben Itshak (Rashi). Né à Troyes, il se rend également à Worms et à Mayence. Son influence dans le monde juif est immense et il est l’auteur d’une œuvre monumentale dont les deux piliers sont un commentaire de la Bible et un commentaire du Talmud. Son immense clarté le rend accessible, même aux étudiants peu avancés, et en fait une référence pour tous. Pour éclairer un mot, il le traduit souvent en Laaz, c’est à dire dans la langue parlée de son pays, le vieux français, et c’est ainsi que Rashi est une précieuse source pour les chercheurs de la langue française. Dans son œuvre, c’est pas moins de 3 000 mots français qui sont employés. Il est en plus auteur de nombreux poèmes dont certains sont fortement influencés par l’atmosphère des croisades dont il est contemporain à la fin de sa vie. Son œuvre est empreinte d’une volonté de contrer les velléités du christianisme à l’égard du judaïsme : il insiste sur la nullité d’une conversion du judaïsme au christianisme, il contredit les interprétations chrétiennes de certains passages de la Bible.


  Avant 1050

Rédaction du Sefer HaMaassiot (le livre des aventures) composé par un Rabbi nIssim de Kairouan. Le Sefer HaMaassiot est un recueil d’histoires tirées du Midrash et du Talmud, ainsi que de sources arabes.


  1050 à 1100

Diffusion du Karaïsme dans l’Empire byzantin, notamment à Constantinople où s’y développe un important foyer.


  1052 à 1062

Danier Ben Azaria Gaon de la Yeshiva d’Eretz Israël.


  Avant 1053 à 1056

Les Almoravides deviennent maîtres des villes du Maghreb.


  1055 à 1135
1055

Vie de Moshé Ibn Ezra : Né à Tolède, c’est un grand grammairien.


  1056 à 1066
1056

Le fils de Samuel Ibn Nagdela, Joseph Ben Samuel succède à son père à la cour de Grenade. Autoritaire et détesté des Musulmans, il est tué dans une révolte dans laquelle des milliers de Juifs périront également.


  1060

A Constantinople, un quartier et une porte définissent désormais les lieux d’habitations des Juifs.


  Avant 1062 à 1082

Elie ben Yossef HaCohen Chef de la Yeshiva d’Eretz Israël.


  Avant 1071

En Italie méridionale, la conquête normande fait passer de nombreuses communautés juives de la domination byzantine à la domination normande.


  1073
1073

Conquête d’Eretz Israël par les Turcs Seljoukides. La Yeshiva d’Eretz Israël est transférée à Tyr.


  1080 à 1139

Vie de Moshe Ibn Ezra, poète de l’âge d’or espagnol. Elevé dans une famille de lettrés, il perdra ses biens au cours des troubles politiques qui frappaient l’Espagne à cette époque. Contemporain des croisades et profondément touché par les souffrances de son peuple en terre chrétienne, ces thèmes lui inspireront de nombreux poèmes, dont le suivant dans lequel Israël est comparé à une colombe :
« Oh colombes livrées à de cruels ennemis,
Dispersées à tous vents,
Frêles et malheureuses,
Gémissant dans les pièges de l’infortune,
Dans des demeures paisibles,
Dans des puissantes forteresses »


  1081
1081

Le pape Grégoire VII contraint le roi de Castille à ne confier aucune fonction de commandement à des Juifs. Dans la péninsule ibérique, les Juifs seront désormais toujours associés aux Musulmans sans avoir la possibilité de prouver aux Chrétiens leur fidélité à l’Etat dans lequel ils vivent, quel qu’il soit.


  1081

La cérémonie de la fête de Soukot jadis organisée sur le Mont des Oliviers par la Yeshiva d’Eretz Israël est cette fois-ci célébrée à Tyr.


  1082

Assemblée annuelle de Soukot organisée à Haïfa.


  1084

L’évêque de Spire désire faire venir des Juifs dans sa ville. Il leur accorde une lettre de protection qui s’exprime en ces termes : « Désirant faire une ville du village de Spire, j’ai pensé l’élever beaucoup en dignité en invitant les Juifs à s’y installer ».


  1086 à 1141

Vie de Yehouda Ha Levi, poète, rabbin, philosophe et médecin. Il naît à Tolède, étudie plus tard en Andalousie où il remporte un concours de poésie. A Grenade où il séjourne, il rencontre le poète Moshe ibn Ezra et le commentateur Abraham ibn Ezra dont il sera proche toute sa vie.
Yehouda Ha Levi est contraint de quitter Grenade suite aux persécutions des Almoravides. Il sera médecin à Tolède, ville maintenant aux mains des Chrétiens.
Yehouda Halevi est un grand philosophe du Judaïsme, qu’il tente d’aborder de manière rationnelle à travers son œuvre philosophique majeure, le Sefer HaKouzari, écrite vers 1135.
Grand poète, il écrit près de 800 poèmes dont de nombreux mettent en avant le profond sionisme du personnage. Yehouda Halevi est très sensible dans sa poésie comme dans sa vie aux thèmes de l’exil et du retour à Sion :
« Sion, ne demandes-tu pas sur le sort de tes captifs ?
Les restes de tes troupeaux, qui recherchent ta paix ?
De l’occident, de l’orient, du nord et du midi,
Qu’ils soient lointains ou qu’ils soient proches, ils t’envoient leur salut ! »
Yehouda Halevi mettra en pratique ses convictions sionistes : Il décide de se rendre en Eretz Israël. Il se rend à Alexandrie, puis au Caire où il se prépare à partir pour la terre promise. La légende veut qu’il soit mort tué par un chevalier arabe à la porte de Jérusalem. Il est cependant possible qu’il soit mort au Caire.


  1089

Les Fatimides reprennent aux Seljoukides les villes côtières d’Eretz Israël.


  1092 à 1094

David Ben Daniel s’autoproclame exilarque à Fostat et tente d’imposer son autorité aux communautés juives d’Eretz Israël. Contre lui se lève, Eviathar Ben Elie HaCohen, chef de la Yeshiva d’Eretz Israël transférée à Tyr. Eviathar laissera des écrits sur cette polémique connue sous le nom de rouleau d’Eviathar.


  1092 à 1167

Vie d’Avraham Ibn Ezra, grand commentateur de la Bible, grammairien et poète. Il parcourt une grande partie de l’Europe occidentale (Angleterre, Provence, Italie) où il stimule l’étude de la Torah. Son œuvre la plus importante est un commentaire de la Torah, le Sefer HaYashar, inclus au « panthéon » des grands commentaires, aux côtés de ceux de Rashi, de Nahmanide, dans l’édition la plus célèbre de la Torah (Mikraot Guedolot). Il est également l’auteur d’un commentaire sur certains livres des prophètes (Les psaumes, Job, Esther, Les Lamentations, l’Ecclésiaste, le Cantique des Cantique, Ruth). Grand Grammairien, il étudie les styles de la Bible et sera le premier à attribuer le livre d’Isaïe à deux auteurs, séparés dans le temps de plusieurs générations. Il est également auteur de nombreux traités de mathématiques, d’astronomie et d’astrologie.


  1094

L’Andalousie devient une province Almoravide. Leur intolérance religieuse rend la vie des Juifs difficile et amène le centre de la culture juive espagnole à se déplacer vers le nord.

  01/01/1095
01/01/1095

Le pape Urbain II appelle à la croisade pour « libérer le tombeau du Christ ».


  1096 à 1099
1096

Massacres de la première croisade. Les croisés sont des soldats qui agissent sur des motifs strictement religieux. Par leur action, ils entendent obtenir le salut. Le cri de ralliement de la première croisade, c’est « Dieu le veut ! ». L’objectif de la croisade est de « chasser les infidèles du tombeau du Christ ». Or, devant les difficultés concrètes de cette entreprise, des idées voient le jour pour obtenir le salut sans aller jusqu’à Jérusalem. Il s’agit de s’occuper des infidèles qui vivent en terre chrétienne, autrement dit des Juifs. « Tuez un Juif et sauvez votre âme », devient le cri de ralliement du croisé de circonstance, le plus souvent membre d’une populace excitée par le clergé. Pierre de Cluny dit : « A quoi bon aller combattre les Musulmans puisque nous avons les Juifs parmi nous, les Juifs pires que les Sarrazins ? » La route de Jérusalem passe alors par les communautés Juives. Une croisade populaire est déclenchée, et provoque de nombreux massacres et conversions forcées dans les communautés juives du nord de la France et des pays rhénans, ces dernières étant les principales à en souffrir. On estime à 10 000 le nombres de Juifs assassinés en Europe centrale au cours de la première croisade.


  01/06/1096
01/06/1096

Les martyrs du Rhin. Les communautés du bord du Rhin vivent en paix relative avec leurs voisins chrétiens. Lorsqu’elles apprennent que des hordes de croisés s’approchent de leur région, elles se tournent vers la noblesse et le clergé local, qui leur promettent assistance en cas de problème. Les Juifs décrètent un jour de jeûne pour conjurer le malheur qui risque de s’abattre sur eux. Peu avant la fête de Shavouot (fête des prémices et du don de la Torah), les hordes de croisés atteignent le Rhin. Les Juifs de Worms, de Mayence, de Cologne, de Spire et des autres communautés rhénanes mettent leurs affaires à l’abri chez leurs voisins chrétiens. Une partie des Juifs se réfugie également chez les Chrétiens. Les croisés passèrent de village en village et de ville en ville, y dénichèrent les Juifs et leur laissèrent le choix entre le baptême et la mort. Hormis de rares cas, tous les Juifs choisirent de mourir en sanctifiant le nom de Dieu.


  A partir de 1096
1096

Les croisades achèvent de poser les fondations de la situation des Juifs dans l’Europe du bas Moyen Age, de plusieurs manières : - Les croisades ouvrent aux Chrétiens les voies commerciales vers l’orient qui leur étaient jadis fermées. Déjà largement concurrencés par les vénitiens à partir de 9ème siècle, les Juifs sont définitivement écartés du commerce international. - Les croisades sont un élément dominant de la vie politique et renforcent de manière très significative l’influence du clergé, dogmatiquement antijuif, sur les décisions des souverains. - L’influence du clergé devient également très forte sur les couches populaires. Le renforcement des thèmes du salut, la création d’une eschatologie qui va imprégner la culture populaire, sont complétés par « l’enseignement du mépris » vis à vis des Juifs. Cet enseignement amènera à l’isolement des Juifs sur le plan économique. - L’Eglise condamnera de plus en plus le prêt à intérêt, qu’elle assimilera à de l’usure. Les Juifs seront alors poussés vers l’unique niche économique qui leur est permise. Prêteurs d’argent, de l’argent qu’on leur doit, voilà une raison de plus pour les haïr et les persécuter pour les classes populaires, les utiliser et les rançonner pour les souverains desquels ils dépendent.


  1097

Les Juifs convertis de force au cours de la première croisade sont autorisés par l’empereur Henri IV à revenir à leur foi.


  1098

Les Fatimides reprennent Jérusalem aux Seljoukides.


  15/07/1099
15/07/1099

Les croisés prennent Jérusalem. Les Juifs prennent part à la défense de la ville. Goedefroy de Bouillon prend la ville. Les Juifs se réfugient dans la synagogue et y sont brûlés vifs.


  Fin 1099
1099

Après la conquête de Jérusalem par les croisés, les Juifs y sont à nouveau interdits de séjour.


  1099

Les livres de prière et les objets de culte de la défunte communauté juive de Jérusalem sont rachetés à prix d’or par les communautés d’orient.


  A partir de 1099

Suite au massacre de la communauté Karaïte de Jérusalem par les croisés. Le Karaïsme décline partout, sauf au Caire où il reste influent jusqu’à la venue de Maimonide en 1170. Il continuera d’être actif dans l’Empire byzantin.


  1100

Génération des élèves de Rashi : Simha de Vitry, Joseph Kara, Judah Ben Nathan. Ils commencent l’œuvre des Tossafot (les ajouts) qui viennent éclairer, expliquer et souvent contredire le commentaire de Rashi sur le Talmud.


Date de création : 24/10/2007 - 17:00
Dernière modification : 14/02/2008 - 03:00
Catégorie : Chronologie
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Réaction n°1 

par Anne le 07/11/2007 - 21:25

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