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logosarticles/JudeePalestine.jpgLes pharisiens - Chronologie


Avant - 134

A la mort de Simon, vers – 134, on distingue deux tendances dominantes dans le judaïsme : L’une (qui prendra bientôt le nom de Pharisiens) représente l’école des scribes et de la tradition orale telle qu’elle s’est transmise depuis Ezra ; L’autre (les Saducéens) est une tendance plus récente.
La tradition identifie la naissance des Saducéens dans un élève d’Antigonos de Sokho, Rav, lui-même élève de Simon.
Antigonos voulait éduquer ses élèves à accomplir les commandements de la Thora de manière désintéressée. Il leur a donc dit : « Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent leur maître afin de recevoir un salaire mais soyez comme des serviteurs qui servent leur maître sans intention de recevoir un salaire… »
Antigonos avait deux élèves, Tsadok et Bithos, qui interprétèrent tous deux cette maxime comme une preuve qu’il n’existe pas de monde futur. Ils donnèrent donc tous deux naissance à deux nouvelles tendances dans le judaïsme : Les Tsedoukim (Saducéens) de Tsadok et les Bithossim (Béothusiens) de Bithos. Ces deux tendances remirent en cause l’interprétation traditionnelle des textes telle qu’elle était pratiquée.
Les Saducéens remirent en cause l’existence d’un monde futur et réfutèrent le postulat de récompense et punition. Pour eux, les lois devaient être observées comme une morale. Opposés au judaïsme traditionnel sur le plan religieux, les Saducéens l’étaient aussi sur le plan politique.
Fidèles à eux-mêmes, les sages du judaïsme avaient toujours prôné la modération politique, s’opposaient à l’expansion territoriale. Pour eux, l’expansion devait se faire en profondeur, par une purification des masses juives, et pas en étendue. Le pouvoir temporel doit être assujetti aux besoins de la Thora et doit lui être subordonné, le souverain ne devant pas être trop puissant et gouverner avec l’aide d’un conseil de sage. En revanche, les Saducéens appuyaient une politique de puissance et d’expansion territoriale.
Le judaïsme est pour eux morale et ciment de la nation, et donc un outil dans sa politique. Pour les Saducéens, un pays fort doit passer par un souverain fort. Les pharisiens critiquent le sacerdoce de Jean Hyrcan et s’opposent à sa prétention à la royauté car il n’est pas de la famille de David. Il se rallie alors aux positions des Saducéens, plus aptes à accepter un pouvoir fort.
Probablement sous Simon, le conseil d’Etat qui assiste le pouvoir et sert également de Cour suprême, prend le nom de Sanhédrin. Le Sanhédrin accompagnera le peuple Juif au cours des siècles suivants. Pour l’instant son rôle est central.
C’est probablement sous le règne de Jean Hyrcan que les sages traditionnels prendront le nom de Pharisien. Jean Hyrcan favorisera les Saducéens au sein du Sanhédrin. Les sages en auraient alors été écartés ou s’en seraient volontairement éloignés. Quoi qu’il en soit, la rupture entre les sages traditionnels et le Sanhédrin fait porter à ceux-ci le nom de « séparés », en hébreu « proushim » d’où on tire le nom de pharisiens.
Le Sanhédrin, Conseil d’Etat, sera l’enjeu d’une lutte entre Pharisiens et Saducéens jusqu’à la conquête romaine en 65.

A partir de - 103 à - 76

Règne d’Alexandre Jannée, marqué lui aussi par la prépondérance des Saducéens sur les pharisiens et par une forte expansion territoriale.

Avant - 89

Tichré (Septembre - Octobre) 89 : A la fête des cabanes (Soukot), Alexandre, grand prêtre, est dans le Temple. De très nombreux fidèles sont présents, avec chacun les traditionnelles 4 espèces à avoir sur soi pour la prière, selon les indications de la Thora : Un cédrat (Etrog en hébreu ; ce fruit ressemble à un citron), une feuille de palme, de myrrhe et de saule. A un signal convenu, tous les fidèles jettent leur Etrog sur Alexandre Jannée. Il se met dans une colère noire, ses soldats chargent la foule et tuent des centaines de personnes. C’est le signal de la révolte. Les pharisiens demandent au roi de Syrie de les aider. Les Syriens viennent en force et leurs troupes renforcées des pharisiens sont supérieures à celles d’Alexandre Jannée qui doit trouver refuge en montagne.
A ce moment, la situation se retourne. De très nombreux pharisiens qui avaient rejoint les Syriens les désertent et rejoignent Alexandre Jannée qui inflige une cuisante défaite aux Syriens et aux pharisiens qui étaient restés avec eux. L’hésitation pharisienne a tranché en faveur d’Alexandre Jannée. Sans doute de nombreux pharisiens préfèreront Alexandre au pouvoir syrien et feront finalement pencher la balance. Toujours est-il qu’une fois son pouvoir rétabli, Alexandre a une réaction sanguinaire vis-à-vis des pharisiens.
La rébellion fut féroce. Un seul exemple : Pour fêter sa victoire, Alexandre invite les chefs Saducéens dans son palais. En présence de ses hôtes, il fait crucifier 800 pharisiens. A la cruauté d’une mort dans la souffrance, sans autre forme de procès, il faut rajouter l’effet produit par une mort païenne, car la crucifixion était une mort païenne, en abomination chez les Juifs, pour qui la peine de mort ne pouvait être prononcée que par un tribunal de 23 juges et qui jugeait avec prudence.
Le Talmud le dira plus tard : un tribunal qui exécute plus d’une personne tous les 800 ans est un tribunal criminel. En attendant, Alexandre Jannée s’est révélé un exceptionnel tyran.

- 89

Alexandre Jannée part en guerre contre les Nabatéens, des populations arabes dont le royaume est dans le Neguev. Tombé dans une embuscade, il perd presque toute son armée. Pour les Pharisiens, écartés du pouvoir depuis de nombreuses années, l’affaiblissement d’Alexandre est l’occasion attendue pour s’affirmer.

A partir de - 76 à - 67

Règne de Salomé Alexandra avec son fils Hyrcan comme grand-prêtre. Alexandra se réconcilie avec les pharisiens auxquels elle laisse l’orientation de la politique intérieure.
Les prisonniers sont libérés, les exilés reviennent et la jurisprudence pharisienne acquiert force de loi.
Les scribes et les docteurs de la Loi font leur retour au Sanhédrin, avec à sa tête Yehouda Ben Tabaï et Simon ben Shétah. Un des Sadducéen, conseiller d’Alexandre Jannée, est jugé par un tribunal de pharisiens et condamné à mort avec d’autres. Simon Ben Shetah instituera une ordonnance qui hypothèque les propriétés du mari s’il divorce de sa femme et protége ainsi les intérêts de celle-ci.
Il mettra également en place la loi scolaire qui oblige tout homme juif à s’instruire et à connaître les livres sacrés et la tradition orale. Sur le plan extérieur, Alexandra pratique une politique de paix armée : expédition d’Aristobule en Syrie contre Ptolémée, fils de Mennaios qui menaçait Damas. Riches présents offerts à Tigrane pour qu’il lève le siège d’Akko avec 300 000 hommes.

Date de création : 30/08/2007 - 03:38
Dernière modification : 05/11/2007 - 10:41
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