Le Chef du Sanhédrin, demeuré à part de la révolte dans laquelle il ne voit aucun espoir, Yohanan Ben Zakaï, cherche à sortir des murailles pour éviter que la fin politique d’Israël ne soit aussi la fin du judaïsme et de la centralité d’Israël dans le judaïsme. Il se fait passer pour mort. Ses élèves obtiennent des rebelles l’autorisation de transporter son cercueil en dehors des murailles pour l’enterrer et éviter ainsi de souiller la ville avec un cadavre. Parvenu près de Vespasien, le Talmud raconte que Yohanan Ben Zakaï a prédit au général qu’il allait devenir empereur. Un messager serait arrivé au même moment et aurait transmit à Vespasien que ses troupes l’avaient nommé empereur et qu’il était attendu à Rome pour être confirmé dans sa nomination. Impressionné par la prédiction de Ben Zakaï, Vespasien lui aurait alors demandé ce qu’il voulait : Donnes-moi Yavné et ses sages, à répondu Ben Zakaï. Vespasien accéda à cette requête qui semblait dénuée de toute portée politique. Et c‘est à Yavné, près de l’actuelle Ashdod, que Ben Zakaï mit le Sanhédrin à l’abri de la guerre, en lui enlevant tout cachet officiel pour ne pas éveiller les soupçons de Rome, et en comptant uniquement sur l’assentiment volontaire des Juifs aux proclamations du Sanhédrin. Yohanan Ben Zakaï avait donné au judaïsme un rôle inédit, totalement détaché de la politique. C’est avec le Sanhédrin qu’il pose les bases de la nouvelle relation d’Israël à son Dieu, une fois le Temple détruit : Le rôle central de la Synagogue comme institution est confirmé, les sacrifices sont remplacés par l’étude, la prière et la charité. Au début des ses activités, Yavné fonctionnera de manière modeste, réunissant des sages qui étudient autour de Yohanan Ben Zakaï dans le jardin. Bientôt, la notoriété de Yavné et de ses sages sera grande, et elle formera le ciment du judaïsme. |