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d'histoire des Juifs |
Henrich Graëtz - Premiers essai d’émancipation en Angleterre
Depuis leur retour, sous Cromwell, les Juifs d’Angleterre, surtout à Londres, formaient un groupe isolé dont la situation n’était pas nettement définie. Ils n’étaient pas inquiétés par les pouvoirs publics et. pratiquaient librement leur culte, sans pourtant y avoir jamais été réellement autorisés par une loi.
On les considérait comme des étrangers, ils étaient qualifiés d’Espagnols, Portugais, Hollandais ou Allemands, et ils payaient la taxe des étrangers (alien duty). Par exception, le roi accordait parfois le droit de cité à quelque membre riche ou très considéré de la communauté portugaise. Mais, en général, ils étaient soumis à de nombreuses restrictions et même à des vexations. On les dispensait toutefois de certaines obligations le jour de sabbat, par exemple de comparaître comme témoins devant les tribunaux. Lorsque les Juifs établis dans les possessions anglaises de l’Amérique eurent été naturalisés, des négociants et des fabricants chrétiens adressèrent une pétition au Parlement pour qu’en Angleterre également les Juifs pussent obtenir les droits de citoyen sans être obligés de communier. Le ministère Pelham appuya la pétition, mais elle fut combattue par ceux qui, par préjugé religieux ou par esprit de concurrence, étaient hostiles à l’émancipation des Juifs. Malgré cette opposition, la Chambre des lords vota un bill qui accordait la naturalisation aux Juifs établis depuis trois ans en Angleterre ou en Irlande ; ils restaient seulement exclus des fonctions publiques et ecclésiastiques et ne pouvaient pas participer à l’élection des membres du Parlement. La Chambre des communes adopta également ce bill, qui fut érigé en loi par George II (mars 1753). Aussitôt, dans les églises, dans les tavernes et parmi les corporations, éclatèrent de violentes protestations contre cette loi. Un ecclésiastique, le doyen Tucker, qui avait défendu le bill de naturalisation, fut grossièrement injurié dans des journaux et des pamphlets, et son portrait ainsi que son mémoire en faveur des Juifs furent brûlés à Bristol. Au vif chagrin des esprits libéraux, le ministère eut la faiblesse de céder aux clameurs des fanatiques et des commerçants jaloux et de renier son oeuvre. Il abrogea la loi (1754), parce qu’elle avait été mal accueillie et qu’elle avait troublé la conscience de nombreux sujets du roi. Toutefois, on continua, comme auparavant, à se montrer assez tolérant à l’égard des Juifs. Henrich Graetz - Histoire des Juifs TROISIÈME PÉRIODE ; LA DISPERSION Troisième époque ; La décadence Chapitre XI ; Profonde décadence des Juifs ; (1700-1760) Date de création : 05/09/2007 - 05:48 Utilisez la librairie
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