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d'histoire des Juifs
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Henrich Graëtz - Début d'émancipation sous Guillaume II
Sous les règne de Frédéric-Guillaume II (1758-1797), les Juifs berlinois tentent d'avancer sur la voie de l'émancipation. Eux qui sont intégrés socialement à la société berlinoise, notamment à travers les salons, veulent que cette avancement se traduise aussi dans la législation.

Guillaume
Guillaume II de Prusse

Sur le conseil de David Friendlaender, les anciens de la communauté de Berlin adressèrent une supplique au souverain pour lui demander de supprimer le péage personnel (leibzol), de révoquer les lois barbares qui les régissaient et de leur accorder une plus grande liberté. Cette requête fut accueillie favorablement. Le roi les invita à choisir parmi eux des hommes honnêtes avec lesquels le gouvernement étudierait la question, il agréa aussi leur demande de convoquer à Berlin des délégués de tous les Juifs du pays, à l’exception de ceux des provinces de la Silésie, de la Prusse occidentale et de la Frise orientale. On nomma une commission chargée d’examiner les griefs des Juifs et d’indiquer les améliorations qu’on pourrait apporter à leur situation.

La délégation énuméra d’abord les divers procédés dont on usait pour extorquer de l’argent aux Juifs : ils étaient tenus d’acheter aux manufactures royales, à un prix très élevé, de la porcelaine de mauvaise qualité, appelée ironiquement de la porcelaine juive pour la revendre à l’étranger ; ils étaient également obligés d’entretenir des fabriques de bonnets, de bas, d’étamine et de dentelles. Courageusement, les députés demandaient pour leurs coreligionnaires l’égalité civile, c’est-à-dire la faculté, non seulement de pratiquer l’agriculture ou les professions manuelles, mais aussi d’occuper des emplois publics et des chaires à l’Université (mai 1787). Le gouvernement prussien commença par supprimer le péage personnel et dispensa les Juifs, contre le payement d’une somme de 42.000 marcs, d’acheter dorénavant de la porcelaine. Les autres réformes furent ajournées pour laisser à la commission royale le temps de les étudier. Pendant qu’on les examinait, Wallner et Bischoffswerder réussirent à circonvenir le roi et à provoquer une réaction contre les idées libérales. Les députés juifs ne purent donc plus compter sur aucune amélioration. Ils eurent le courage et le grand mérite de repousser les concessions insignifiantes qu’on voulait leur accorder : Les faveurs qu’on est disposé à nous offrir, disaient-ils, sont au-dessous de toute attente et ne répondent nullement aux joyeuses espérances que nous avons nourries lors de l’avènement au trône de notre souverain. On leur proposait bien d’appeler les Juifs au service militaire, mais sans qu’ils pussent être élevés à un grade quelconque. Ils déclarèrent qu’ils n’avaient pas les pouvoirs nécessaires pour accepter une réforme qui imposait de nombreuses restrictions et présentait très peu d’avantages.


Henri Graetz, Histoire des Juifs
TROISIÈME PÉRIODE: LA DISPERSION
Quatrième période, Le relèvement
Chapitre XIII, Excès de l’orthodoxie et la réforme, (1760-1789)


Date de création : 05/09/2007 - 07:31
Dernière modification : 05/09/2007 - 07:31
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