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d'histoire des Juifs |
Henrich Graetz - Persécutions en Perse et en Babylonie
Au 5ème siècle, sous le Zoroastrisme, les Juifs seront persécutés en Perse. Ils seront victimes du même sort d’intolérance que les Chrétiens. La communauté d’Ispahan sera lourdement persécutée.
Dans la Perse, où les Juifs avaient joui jusque-là d’une tranquillité à peine troublée par quelques vexations, ils commencèrent également, vers le milieu du Ve siècle, à être sérieusement persécutés. Le judaïsme de ce pays était devenu pauvre en personnalités remarquables, l’activité créatrice qui avait régné jusqu’alors dans les écoles déclinait visiblement, les docteurs se contentaient de répéter et de coordonner les opinions de leurs devanciers. L’histoire des Juifs de ce temps se meut dans des limites très étroites : on nomme des chefs d’école, ils enseignent, meurent et sont remplacés par d’autres. Un des savants les plus importants de cette époque fut Mar, fils d’Achi, appelé également Tab-Yomè. Il se trouvait à Mahuza quand il fut informé que l’école de Sora venait de perdre son chef. A cette nouvelle, il se rendit immédiatement à Sora ; il y arriva au moment où les membres de l’académie étaient réunis pour élire le nouveau chef d’école. Invité à venir délibérer avec le Conseil sur l’élection d’Aha, il retint les délégués qui furent envoyés auprès de lui pour le chercher ; on en envoya d’autres, il les retint encore. Quand ils furent au nombre de dia, il fit une conférence devant eux, et ils l’acclamèrent Rèseh Metibta (455). Aha fut vivement affecté de son échec, il s’appliqua ce dicton : Une fois que le malheur a frappé quelqu’un, il ne cesse de l’accabler de ses coups ! C’est dans cette même année qu’éclata en Babylonie contre les Juifs une persécution sanglante qui se prolongea à travers tout le règne des derniers rois néo-perses. L’interdiction de célébrer le shabbat Yazdgard II (438-457) n’imita pas à l’égard des Juifs la tolérance de son prédécesseur, il leur défendit de célébrer le sabbat (456). Les bons rapports qui avaient existé jusque-là entre le gouvernement perse et les Juifs furent sans doute troublés par les mages qui, par leur fanatisme, exercèrent sur les rois de Perse la même influence néfaste que les conseillers ecclésiastiques sur les empereurs d’Orient, et qui, à l’instar des chrétiens, étaient animés d’un ardent désir de prosélytisme. Les documents de l’époque ne disent pas quel accueil les Juifs firent à la défense d’observer le sabbat. Il est probable qu’il ne leur était pas difficile d’éluder cette interdiction ; en tout cas, on ne mentionne aucun martyr à l’occasion de cette persécution. Yesdigerd fut tué l’année qui suivit la promulgation de son édit relatif au sabbat, et ses deux fils Chodar-Warda et Peroz se disputèrent la couronne, les armes à la main. Le massacre d’Ispahan Après la mort de Mar (468), une persécution sanglante fut dirigée contre les Juifs de Babylonie et de Perse. Cet événement funeste se produisit sous Peroz ou Pheroces (459-484). Le motif de cette persécution aurait été, dit-on, la vengeance que le roi Peroz, circonvenu par les mages, voulait tirer des Juifs d’Ispahan, dont quelques-uns auraient tué et écorché deux prêtres. La moitié de la population juive d’Ispahan fut massacrée et les enfants furent enlevés pour être élevés dans le culte du feu. Bientôt, ce mouvement d’intolérance s’étendit dans les communautés babyloniennes, où il persista jusqu’à la mort de Peroz. L’exilarque Huna-Mari, fils de Mar-Zutra, et deux autres docteurs, Amemar bar Mar-Yanka et Mescherschaya bar Pacod, furent jetés en prison et exécutés (469-470) ; ce furent les premiers martyrs juifs de la Babylonie. Il est remarquable qu’un exilarque subit le martyre pour le judaïsme. Quelques années plus tard, la persécution prit un caractère plus grave, les écoles furent fermées, les assemblées populaires qui avaient lieu, à l’approche des fêtes, pour entendre les conférences religieuses des docteurs, furent interdites, les tribunaux juifs furent supprimés et les enfants juifs convertis de force à la religion des mages (474). La ville de Sora paraît avoir été détruite à cette époque. Peroz, dont le fanatisme rappelle celui d’Adrien, découvrit un procédé de persécution auquel l’empereur romain n’avait pas songé, il éloigna la jeunesse juive du judaïsme pour la contraindre à pratiquer le culte du feu ; comme Adrien, il a été flétri par l’histoire juive de l’épithète de malfaisant et surnommé Piruz reschia. Henri Graetz TROISIÈME PÉRIODE — LA DISPERSION Première époque — Le recueillement après la chute Chapitre X — Les derniers Amoraïm — (375-500) Date de création : 11/09/2007 - 14:40 Utilisez la librairie
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