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d'histoire des Juifs |
Jonathan Aikhenbaum - Le Chant du peuple juif assassiné
Avec le Chant du peuple juif assassiné, les indicibles souffrances de la Shoah prennent soudain vie sous forme de mots, la douleur de tout un peuple que l’on assassine – rendue parfois anonyme par le temps qui passe et les dimensions ahurissantes de ce crime – devient une douleur personnelle, celle d’Itskhok Katzenelson qui nous conte son tourment en des mots incomparables.
Itskhok Katzenelson (1886-1944) est un des grands écrivains bilingues produits par le judaïsme polonais. Son œuvre (poèmes, nouvelles, pièces de théâtres) est écrite en hébreu et surtout en yiddish. C’est à Lodz, la deuxième ville polonaise, qu’il vit et écrit, bien qu’il ait beaucoup voyagé au cours de sa vie. Quand la guerre éclate, c’est paradoxalement à Varsovie qu’il trouve refuge avec sa famille au milieu d’un demi-million de Juifs qu’enferment bientôt les murs du ghetto. Katzenelson était un grand homme de lettre avant le ghetto. Il le restera pendant et après. Au milieu de la souffrance, de la malnutrition, des humiliations et puis bientôt des rafles et des déportations, il pratique la résistance culturelle. Il organise des séminaires pour enseignants (Pâque 1942), écrit des pièces de théâtre ou encore traduit des extraits de la Bible en yiddish afin de transmettre un cycle de lecture sur ce sujet. Mais la réalité du ghetto a bientôt raison de toutes les résistances, même culturelles ou spirituelles. Sa femme ainsi que deux de ses enfants sont déportés. Il reste seul avec son fils. Là, dans la tourmente, il se joint aux résistants en vue de la révolte du ghetto le 19 avril 1943. Mais, avant qu’elle n’éclate, ceux-ci font passer Katzenelson du côté aryen de la ville. Avec son fils, ils font alors partie d’un convoi pour le camp de Vittel, où il espère trouver un visa pour quitter l’Europe. C’est là, à Vittel, hanté par les souvenirs de ses proches disparus, poursuivi par les scènes d’horreur, les bousculades et les inhumanités du ghetto et de la déportation, qu’il compose une des œuvres majeures de sa carrière et de la littérature dite d’anéantissement : Le Chant du peuple juif assassiné. Avec le Chant du peuple juif assassiné, les indicibles souffrances de la Shoah prennent soudain vie sous forme de mots, la douleur de tout un peuple que l’on assassine – rendue parfois anonyme par le temps qui passe et les dimensions ahurissantes de ce crime – devient une douleur personnelle, celle d’Itskhok Katzenelson qui nous conte son tourment en des mots incomparables : « Chante, chante, prends ta harpe vide, creuse et légère, Sur ses cordes fines, jette tes doigts pesants, Cœur lourd de douleur et chante le dernier chant Chante les derniers Juifs d’Europe sur cette terre. (…) Venez tous, de Treblinka, d’Auschwitz, de Sobibor, De Belzec, de Ponar, venez d’ailleurs encore, et encore, et encore ! Les yeux exorbités, le cri figé – un hurlement sans voix – sortez Des marais, des boues profondes où vous gisez enlisés, des mousses putréfiées » En avril 44, Itskhok Katzenelson est déporté de Vittel vers Drancy, puis vers Auschwitz, où il est gazé dès son arrivée. Le Chant du Peuple Juif Assassiné a récemment été traduit en français et paraît aux éditions Zulma Jonathan Aikhenbaum Date de création : 17/09/2007 - 14:33 Utilisez la librairie
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